Secrète

« Siga Siga », expression grecque qui signifie « tranquille, doucement! » Un mois de septembre  placé sous le signe de la douceur méditerranéenne. Retour en Crète pour le plaisir de guider à travers les ocres et les bleus de la côte sud ouest. La mer est chaude, la période de canicule est passée et pourtant le thermomètre voit encore trente degrés quasiment tous les jours.

Cocktail de marches et baignades, saveurs des fruits et légumes, période du raisin (sans pépin, un délice!). La crise est quelque part (où?), le rythme crétois n’a toujours pas changé : prendre le temps, échanger, boire un bon « frappé » (café froid) en regardant le temps et les filles passer, profiter…philosophie grecque!

(c)Franck Charton

 

A qui souhaite un moment de répit dans ce monde trop rapide, voici le plus bel endroit de la côte sud ouest crétoise, un havre de paix où il fait bon passer la nuit (ou deux) : Marmara. Une gorge majestueuse prénommée Aradena venant se jeter dans des eaux cristallines, bordées de grottes de marbre. 17h, le bateau embarque les derniers baigneurs, le silence refait surface, un verre à la main pour trinquer avec Dame Nature…le soleil quitte les lieux laissant place à la lune déjà bien ronde. Bivouac improvisé sur les chaises longues, le ressac berce, le fils d’Hypnos (sommeil) et de Nyx (nuit), Morphée vient chercher l’âme du promeneur en quête de sérénité…Kali Nikta!

Il fait toujours beau en Crète…ou presque! rares sont les chanceux à avoir vécu cette séquence insolite, le 16 septembre 2012, vers 17h30…Le seigneur du ciel, Dieu de la pluie ou Zeus (prononcé ici « Zéous ») s’arme de colère, rassemble les nuages et manie la foudre, en quelques dizaines de minutes, le paradis noircit, l’eau remplit les rues, les tavernes sont inondées, la mer devient couleur terre, les parasols nagent, et les grêlons tombent. Les crétois, devant ce spectacle inhabituel à cette date là, se demandent si mère nature n’est pas déboussolée…ou s’ il ne serait pas judicieux de récupérer les gros glaçons tombant du ciel pour accompagner l’ouzo. Le mardi précédent cette petite tempête, la terre tremblait. Un séisme de 5.7. Ici, on vit et on ressent!

Les Lefka Oris ou montagnes blanches,  couleur due  à la roche  calcaire qui les compose, recouvertes de neige l’hiver  et dont le sommet (le Pachnes) atteint 2453m, est un lieu particulier et original.

En arrivant au cœur de ces monts, l’impression est proche d’un imaginaire débarquement sur la lune. Camaïeux de beige sur des kilomètres, ce désert de rocheslaisse entrevoir les côtes nord et sud de l’île. Une sensation grandiose pour le randonneur : mer et montagne réunie en un clin d’œil.

Éole souffle parfois fort sur les sommets…et de temps à autre le calme règne en maître laissant place à de beaux moments contemplatifs…un ange passe.

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